Critiques

Trois hommes seuls - Christian Oster

On avait laissé Paul, une pelle à la main, Sur la dune. On découvre Serge, au volant d'une voiture, avec deux hommes, une chaise de style dogon et un objectif devenu au fil des échanges commun, celui de rejoindre la propriétaire de la chaise, ex-petite amie du conducteur et de la lui rendre. ( La chaise ou la relation ?) De Paris à Bastia, le trio motorisé apprend à se connaître, pour autant que cela s'avère vraiment nécessaire, doublant au passage une autre conductrice, usagère de la ligne de métro emprunté par Marc (le deuxième homme), femme de passage, que l'on retrouvera plus tard dans l'histoire, car chez Oster, tous les personnages partagent la même galère, sont sur le même bateau. Entre une chaise bancale et le câble de funambule de Cyril ( le troisième homme) enroulé dans une valise, le récit glisse sur le fil d'une déambulation de célibataires, hommes quittés sans projet fixe, pas tout à fait à l'abandon, mais presque, déjà indifférents à eux-mêmes. Le maître de narration est subtil et imprime à cette traversée un parfum d'audace littéraire. Suivre trois hommes qui n'achèvent pas toutes leurs phrases n'est pas anodin.

Trois hommes seuls
Christian Oster
Editions de Minuit

Mis à jour (Mardi, 07 Octobre 2008 11:33)

 
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« Dans une ville de province, l’échelle des valeurs est relativement étroite, alors c’est facile de faire la différence entre les personnes bizarres et les gens honnêtes. (…) dans une grande ville comme Tokyo, les valeurs sont très variables selon les gens, et la distinction entre personnes louches et honnêtes devient plus ambiguë »
Muramatsu Tomomi, Yumeko (extrait du recueil de nouvelles Tokyo électrique)